Les Hobbits étaient-ils un sous-groupe des Humains ?
Oui, sans se poser de questions. Il y a trois affirmations à ce sujet. La première, issue du Prologue, est probablement moins définie car elle était censée être le discours de l'éditeur.
Il est clair qu'en dépit d'un éloignement ultérieur, les Hobbits nous sont apparentés: ils sont beaucoup plus proches de nous que les Elfes ou même que les Nains. Ils parlaient autrefois la langue des Hommes, à leur propre façon, et leurs goûts étaient très semblables à ceux des Hommes dans leurs inclinations ou leurs aversions. Mais il est impossible de découvrir aujourd'hui notre relation exacte. L'origine des Hobbits remonte très loin dans les temps anciens, maintenant perdus et oubliés. FR, 11 (Prologue)
Les Hobbits sont, bien entendu, vraiment pensé pour être une branche de la race humaine (et non pas des Elfes ou Nains) - d'où le fait que les deux genres puissent vivre ensembles (comme à Bree), et sont simplement appelés les Grandes Gens et les Petites Gens. Ils sont entièrement sans pouvoirs non-humains, mais sont représentés comme plus proches de la 'nature' (la terre et autres choses vivantes, plantes et animaux), et anormalement, pour les humains, libres d'ambition et d'avidité de richesse. Letters, 158 (footnote) (#131)
Premiers-Nés, Les. Titre des Elfes. Traduit. ('Premiers-Nés', du fait que les Elfes apparurent dans le monde avant tous les autres "peuples doués de parole", non seulement les Hommes, mais aussi les Nains, d'une origine indépendante. Les Hobbits sont considérés bien entendu comme une variété particulière de la race humaine.) Guide, entrée pour "Les Premiers-Nés".
Contributeurs: WDBL, Paul Adams
2) Les Hobbits avaient-ils les oreilles pointues ?
Seulement un peu. Tolkien décrivit Bilbo ainsi pour un but d'illustration dans une lettre à Houghton Mifflin (c. 1938):
Je me représente une forme très humaine, pas une sorte de lapin 'féerique' comme quelques-un de mes critiques britanniques semblent s'imaginer: bedonnant au ventre, court de jambes. Un visage rond et jovial; des oreilles juste un peu pointues et 'elfiques', les cheveux courts et bouclés (bruns). Les pieds, des chevilles vers le bas, sont couverts de fourrure brune poilue.
The Annotated Hobbit cite cette lettre et inclut une illustration appréciable basée sur celle-ci. [Noter que l'utilisation par Tolkien ici du mot "elfique" fait référence aux elfes du folklore populaire, qui étaient souvent dessinés avec des oreilles pointues. Les Elfes de la Terre du Milieu (sauf pour les Elfes Sylvains dans Le Hobbit) étaient connus de très peu de gens à l'époque.]
Contributeur: WDBL
3) Quand était l'anniversaire de Bilbo et Frodo ? A quelle date de notre propre calendrier cela correspond--il ?
La date dans le calendrier de la Shire* était le 22 Septembre. Les deux définitions différentes sur les mois et la différente corrélation de leur calendrier avec les saisons (le solstice d'été tombait au Jour de Mi-Année, le jour entre Juin et Juillet, et non pas le 21 juin comme dans notre calendrier (Appendice D)) doivent être prises en compte. La divergence en Septembre est de 10 jours, ce qui donne le 12 septembre comme date équivalente dans notre calendrier. (Ce résultat a une signification pour l'histoire. Les évènements se déroulent dix jours plus tôt en terme de saison que les dates nous le suggère: quand on dort à la belle étoile, dix jours peuvent faire une grand différence.)
[Dans l'Appendice D, Tolkien donne des informations détaillées sur les inexactitudes sur le long-terme du Shire Reckoning*, avec lequel ils traitent différemment que nous. Basé là-dessus, on peut conclure que le SR* à l'époque de l'histoire avait accumulé deux ou quatre jours d'erreur, dépendant du soin qu'avaient les Hobbits à faire des corrections sur le long-terme, ce que l'on ne nous dit pas. Ce résultat donnerait comme date équivalente le 14 ou 16 septembre, mais d'autres considérations soulèvent la question de l'exactitude de tels calculs, de sorte que le 12 septembre est le choix le plus simple.]
Contributeurs: WDBL, Paul Adams
4) Gollum était-il un Hobbit ?
Oui, sans l'ombre d'un doute. Ne serait-ce que l'opinion de Gandalf : "Je suppose qu'il était du genre des Hobbits; parents des pères des pères des Stoors" (FR, 62) devrait être suffisant pour régler la question, mais ceci est aussi confirmé en de nombreux autres passages. The Tale of Years* (RK, Appendice B) donne l'article suivante pour l'année TA 2463: "A cette époque Déagol le Stoor* trouve l'Anneau Unique, et est assassiné par Sméagol." (RK, p.368).¨Puisque il est expliqué dans le Prologue que les Stoors* étaient l'une des branches des Hobbits (FR,12), il est évident que le rédacteur de cet article que ce soit un des descendants de Merry et/ou Pippin (FR, 24-5), a accepté cette conclusion.
Dans "The Hunt for the Ring" (UT, 3, IV) il est dit que Sauron conclut de son interrogatoire de Gollum que Bilbo devait être une créature de la même sorte (UT, 342) (d'ailleurs, Gandalf conclut la même chose de sa discussion avec Bilbo (FR, 63)). La référence suivante montre que l'auteur de "The Hunt of the Ring" accepte l'origine hobbit de Gollum: " En définitive [Gollum] était indomptable, sauf par la mort, comme Sauron l'avait deviné, de part sa nature d'halfling*, et de part une raison que Sauron ne comprenait pas entièrement..." (UT, 337).
Il est possible que le style archaïque de Gandalf ait contribué à une certaine incertitude. Quand un lecteur a suggéré que peut-être '(1) Le peuple de Sméagol n'était pas du 'genre hobbit' comme insinué par Gandalf', Tolkien a rejeté cette idée. Il a rajouté:
Quant au (1) Gandalf dit certainement au début "Je suppose" (FR, 62); mais cela est en accord avec son caractère et sagesse. Dans un langage plus moderne il aurait dit 'Je déduis', en faisant référence à une affaire qui avait été soumise à son observation directe, mais à laquelle il avait formé une conclusion basée sur l'étude.... Mais en fait il ne doutait pas de sa conclusion: "C'est de toute façon vrai, etc.' (FR, 63).
Letters, 289-290 (#214)
Contributeurs: WDBL, Craig Presson
5) Les Elfes avaient-ils les oreilles pointues ?
[La question
III.B.4 de la Tolkien Newsgroups FAQ contient une discussion complémentaire sur cette question.]
[Note du webmaster: à la fin du premier article des "Etymologies"* ci-dessous, Christopher Tolkien écrivit en fait "[?humain]", et dit avant que "un point d'interrogation entre des crochets de ce genre indique le doute quant à la justesse de ma lecture." Cependant, la plupart de ceux qui ont examiné les manuscrits originaux pensent que son intention était juste. De plus, contrairement à la formulation ci-dessous, les Etymologies continuèrent d'être mis à jour au moins occasionnellement au cours de la rédaction du SdA.].
Elles étaient évidemment pointues en quelque sorte; au moins plus pointues que celles des humains. Le seul endroit où cette question est directement traitée est dans les Etymologies, publiées dans
The Lost Road*. Là, les deux articles suivants sont donnés pour l'élément 'las' [Q= Quenya, N=Noldorin]:
Las (1) *lasse 'feuille': Q lasse, N lhass; Q lasselanta 'chute des feuilles, automne', N lhasbelin (*lassekwelene), cf. Q Narquelion [ KWEL ]. Lhasgalen 'Feuilleverte' (nom gnomique de Laurelin). (Certains pensent que cela a un lien avec le suivant et *lasse 'entendre'. Les oreilles des Quendi étaient plus pointues et en forme de feuille que celles [humaines].)
Las (2) 'écouter'. N lhaw 'oreilles' (d'une personne), vieux double *lasu -- d'où singulier lhewig. Q lar, lasta- 'écouter'; lasta 'écoutant, entendant' -- Lastalaika 'oreilles-fines', un nom, cf. N Lhathleg. N lhathron 'auditeur, personne qui écoute, oreille indiscrète' (< *la(n)sro-ndo ) ; lhathro ou lhathrando 'être à l'écoute, écouter secrètement'.
(The Lost Road, 367)
Certains ont rejeté la conclusion par les raisons que ces articles ont été écrits avant que le SdA soit commencé et par conséquent pouvait ne pas y être appliqué. Il est donc significatif que 'las' ait gardé ces deux sens, comme cela est montré par des exemples dans le SdA lui-même, comme Legolas ('Feuille verte') (TT, 106, 154), 'lassi' (="feuilles") dans la Lamentation de Galadriel (FR, 394), et Amon Lhaw (Colline de l'Ouïe) (FR, 410)
Contributeur: WDBL
6) Est-ce que les Femmes-Nains avec des barbes ?
[La question
III. B.9 de la Tolkien Newsgoups FAQ contient une discussion mise à jour de cette question.]
Il semblerait qu'elles en avaient. Dans la note sur les Femmes-Nains dans l'Appendice A il est dit:
Il a été dit par Gimli qu'il y avait peu de Femmes-Nains, probablement pas plus que le tiers de la population totale. Elles sortent rarement en dehors sauf si grand besoin est. Elles sont par la voix, l'apparence et la vêture si elles doivent effectuer un voyage, si semblables aux Hommes-Nains que les yeux et les oreilles des autres peuples ne peuvent les distinguer.
RK, 360 (App A)
Comme les barbes font partie de l'apparence, et non la vêture, des Hommes-Nains, nous devons conclure que les Femmes-Nains avaient bien des barbes. La question de savoir si tous les Hommes-Nains avaient nécessairement des barbes a été posée (la conclusion ci-dessous dépendant de ce principe). Dans la mesure où le sujet n'est jamais mentionné, il est montré par des formulations directes ou des références fortuites qu'au moins Thorin, Dwalin, Balin, Fili, Kili, Gloin, Bombur, et Gimli avait véritablement des barbes (Hobbit, 20-22, 159, 186, 198; FR, 240; RK, 148); il est aussi naturel de supposer que les autres en avaient aussi. Alors qu'aucune formulation précise sur le statut de la barbe pour les Hommes-Nains en général a toujours été présentée comme un sujet de tradition, une idée qui reflète la vue assumée a été donné à Bilbo au début du
Hobbit: [alors que Bilbo chevauchait en portant le capuchon de Dwalin] "Son seul réconfort était de savoir qu'il ne pouvait pas être confondu avec un nain, car il n'avait pas de barbe." (Hobbit, 42) En tout cas, la notion que les nains sont barbus semble une supposition avec des fondations assez solides.
Contributeurs: WDBL, Peter Hunt
7) Qui étaient les Istari (Magiciens) ?
Les Magiciens étaient des Maiar (des êtres d'esprit d'un "rang" inférieur à celui des Valar) envoyés en Terre du Milieu par les Valar dans des formes humains comme des Messagers pour aider à la lutte contre Sauron: le terme d'"ange incarné" est approximativement correct. Etant incarnés, cela limitait leurs pouvoirs, et de manière intentionnelle, car leur mission était d'organiser la résistance et d'inspirer les peuples de la Terre du Milieu à s'entraider, et non pas de faire le travail à leur place. Leur tentation principale donc étant d'essayer d'accélérer le processus en dominant les volontés libres - une raison principale pour leur mission était d'éviter ce genre d'actions par Sauron.
Il est dit qu'il y avait Cinq Magiciens dans l'Ordre, mais seulement trois furent dans l'histoire:
* Saruman ('Homme de Savoir') le Blanc
[Sindarin: Curunir ('Homme de Savoir'); Quenya: Curumo]
* Gandalf ('Elfe à la baguette') le Gris (plus tard le Blanc)
[Sindarin: Mithrandir ('Le Gris Pélerin); Quenya: Olorin]
* Radagast le Brun [Quenya: Aiwendel]
Gandalf est le seul qui demeura fidèle à sa mission, et à la fin il réussit à amener la défaite de Sauron. Il était aussi le gardien de l'Anneau Elfique Narya, l'Anneau Rouge (l'Anneau de Feu).
8) Des Cinq Magiciens, seuls trois apparaissent dans l'histoire. Sait-on quelque chose des deux autres ?
[La question
III.C.7 de la Newsgroups FAQ de Tolkien contient une discussion additionnelle sur cette question.]
Très peu. Aucun nom donné en Terre du Milieu n'est enregistré, seulement le titre Ithryn Luin, 'Les Mages Bleus' (car ils étaient habillés en bleu-mer) (leurs noms en Valinor étaient Alatar et Pallando). Quand les Istari arrivèrent en Terre du Milieu, Saruman et les Mages Bleus voyagèrent vers l'est, mais seul Saruman revint. L'Essai sur les Istari dit: "s'ils demeurèrent dans l'Est, poursuivant là-bas le but pour lesquels ils avaient été envoyés; s'ils moururent; ou encore si, comme soutiennent certains, ils furent pris au piège par Sauron et devinrent ses esclaves, n'est pas connu." (UT, p. 390)
Tolkien parlant en tant qu'écrivain même était à peine plus explicite. Dans une lettre il dit qu'il savait "rien de façon claire" à propos des deux autres: 'Je pense qu'ils allèrent en tant qu'émissaires dans des régions distantes, l'Est et le Sud, bien plus loin que la portée númenoréene: missionnaires dans des terres occupées par l'ennemi, telles qu'elles étaient. Quel succès ils eurent je ne sais, mais je crains qu'ils échouèrent, tout comme Saruman, bien que sans aucun doute sous d'autres formes: et je soupçonne qu'ils furent les fondateurs ou initiateurs de cultes secrets ou de traditions "magiques" qui survécurent à la chute de Sauron.'
(Letters, p. 280).
9) Qu'arriva-t-il à Radagast ?
Il est dit que Radagast échoua aussi dans sa mission, mais il est tentant de penser que son "échec" ne fut pas aussi mauvais que celui des autres. L'Essai sur les Istari: "En effet, de tous les Istari, un seul demeura fidèle, et il était le dernier arrivé. Quant à Radagast, le quatrième, il devint amoureux des nombreuses bêtes et oiseaux qui demeuraient en Terre du Milieu, et il délaissa les Elfes et les Hommes, et passa ses jours parmi les créatures sauvages." (UT, p. 390)
Radagast ne devint certainement pas mauvais. La citation ci-dessous suggère, cependant, que sa mission n'était pas de simplement de côtoyer les créatures sauvages mais aussi de construire des ponts entre les Elfes et les Hommes. De fait, ses amis les oiseaux rassemblaient beaucoup d'informations, mais comme ils rendaient compte à Saruman en tant que Chef du Conseil, cela n'était pas très utile. D'un autre côté, il a souvent été suggéré (bien qu'il n'y pas de preuve directe textuelle de cette sorte) que le fait que les Aigles continuaient d'apparaître aux moments décisifs était en partie son travail.
On ne sait rien de ce qui arriva à Radagast après la fin du Troisième Age. Il semble concevable, cependant, étant donné la nature on ne peut plus ambiguë de son échec, qu'il ait été autorisé à retourner à Valinor finalement.
10) Quelle est la relation entre Orcs et Gobelins ?
[La question
III.B.16 de la Newsgroups FAQ de Tolkien contient une discussion additionnelle sur cette question.]
Il y a plusieurs noms pour la même race de créatures. Des deux dénominations, "Orc" est la plus correct. Ceci a été question dans des débats et malentendus considérables, majoritairement à cause de l'usage fait dans
Le Hobbit (Tolkien avait changé d'avis à ce propos lorsqu'il atteignit le SdA mais la confusion dans le livre précédent fut empirée par des modifications contradictoires après coup). Il y a quelques formulations dans Le Hobbit qui, si elles sont prises littéralement, suggèrent que les Orcs sont un sous-ensemble des gobelins. Si nous croyons aux indications venues de toutes les autres sources de textes, ceci est faux. Ces indications sont quelques formulations claires dans des lettres, l'évolution de sa terminologie standard (voir paragraphe suivant), et l'utilisation actuelle dans le SdA, toutes sous-entendent que "Orcs" était le nom véritable de la race. (Les documents dans
Tolkien: The Illustred Encyclopedia sont complètement imprécis et peu fiables.)
Ce qui arriva est ce qui suit. Les créatures auxquelles il est fait référence furent inventées avec le reste de la subcréation de Tolkie, durant la rédaction du Livre des Contes Perdus (le pré-Silmarillion). Son utilisation dans cet écrit ancien est quelque peu changeant mais le mouvement général tend du terme "gobelin" au terme" orc". Cela faisait partie d'une tendance générale venue de la terminologie du folklore traditionnel (Tolkien sentait que les mots familiers évoqueraient de mauvaises associations dans l'esprit des lecteurs, étant donné que ces créations étaient sensiblement différentes dans des aspects spécifiques).Pour les mêmes raisons principales il commença à appeler les Hauts Elfes "Noldor" plutôt que "Gnomes", et évitait aussi bien "Faerie". (D'un autre côté, il était bloqué avec "Magiciens", et des traductions "imparfaites" des termes Istari ('les Sages'), "Elfes" et "Nains", il dit pourtant une fois qu'il aurait préféré "dwarrow", qui, disait-il, était plus juste historiquement et linguistiquement, s'il y avait pensé à temps...)
Dans
Le Hobbit, qui originellement n'était pas relationné avec le Silmarillion, il utilisait le terme familier de "gobelin" dans l'intérêt des lecteurs modernes. Au temps du SdA, en revanche, il avait décidé que "gobelin" ne fonctionnerait pas - les Orcs n'étaient pas des gobelins romanesques (voir au-dessus). (Sans aucun doute il sentait aussi que "gobelin", étant un dérivé de romans, n'avait pas de place dans un travail autant basé sur les traditions Anglo-Saxonnes et Nordiques en général). Ainsi, dans le SdA, le nom adéquat de la race est "Orcs" (avec la majuscule "O") et ce nom est répertorié dans l'index avec Ents, Hommes, etc., tandis que "gobelins" n'est pas l'index du tout. Il y a une poignée d'exemples où "gobelin" est utilisé (toujours un petit "g") mais il semble dans ces cas-là être une sorte d'argot pour Orcs.
L'explication de Tolkien dans l'histoire est que le "vrai" nom des créatures est Orc (une version anglicisée du sindarin Orch, pl. Yrch). En tant que "traducteur" d'anciens manuscrits, il "remplaça" "Orc" par "Gobelin" quand il traduisit le journal de Bilbo, mais pour le Livre Rouge il revient à une forme de l'ancien mot.
[La véritable source du mot "orc" est Beowulf: "orc-nass", traduit par "mort-cadavres". Cela n'a rien à voir avec les cétacés.]
11) Quoi ou qui est Tom Bombadil ?
[La question
III. B. 3 de la Tolkien Newsgroups FAQ contient une discussion supplémentaire sur la question. Une discussion détaillée peut-être trouvée dans mon essai
"Qu'est Tom Bombadil ?"]
Cette question a été largement débattue, parfois même de façon bien trop véhémente. Une partie de la difficulté vient de la complexité de l'histoire littéraire de Tom. Tom était à l'origine une poupée (avec une veste bleue et des bottes jaunes) qui appartenait au fils de Tolkien, Michael. La poupée inspira un morceau d'histoire, telle qu'il en inventait souvent pour amuser ses enfants. Ce fragment fut à son tour la base pour le poème "Les Aventures de Tom Bombadil", publié en 1933 qui introduisait aussi Goldberry, les Etres des Galgals, et Le Vieil Homme-Saule (le poème fut la source des évènements du Chapitre 6 à 8 du Livre I). Dans une lettre de la même époque (1937), Tolkien expliqua que Tom était censé représenter 'l'esprit de la campagne (en voie de disparition) d'Oxford et Berkshire'. (Lettres, no 19)
Tolkien introduisit Tom dans le SdA très tôt dans sa conception, quand il continuait de le concevoir comme une suite au
Hobbit, tel qu'opposé au
Silmarillion (voir
LessFAQ, Tolkien, 1). Tom correspondait au ton original (légèrement enfantin) des premiers chapitres (qui ressemblaient à celui du
Hobbit), mais comme l'histoire progressait, son ton devenait plus haut et son fond plus sombre. Tolkien réclama plus tard qu'il avait laissé Tom, il avait décidé que quelque soit la manière dont il avait été décrit Tom fournissait un ingrédient nécessaire (voir dernier paragraphe). Certaines raisons très pertinentes sont données dans deux très belles lettres (Letters, nos 144 &153).
Quant à la nature de Tom, il y a plusieurs écoles de pensée:
1. C'était un Maia (l'idée la plus admise). La raisonnement est dans ce cas très clair: étant donné la distribution des personnages telle que nous la connaissons, ceci est la case la plus commode où le placer (ainsi que Goldberry) (la majorité des autres individus dans le SdA avec une origine "mystérieuse": Gandalf, Sauron, les Magiciens, et les Balrogs s'avérèrent être en effet des Maiar).
2. Il était Iluvatar. Le seul soutien pour cette idée est basé sur des raisons théologiques: certains ont interprété la formulation de Goldberry à Frodo (F: "Qui est Tom Bombadil ?" G: "Il est.") comme une forme du chrétien "Je suis qui est", qui pourrait véritablement insinuer le Créateur. Tolkien rejeta cette interprétation très formellement.
3. T.A Shippey (dans The Road to Middle-earth) et d'autres ont suggéré que Tom soit un être-unique-d'une-race. Cette idée a reçu un soutien indirect de Tolkien lui-même: "En tant qu'histoire, je pense qu'il est bon qu'il y ait des tas de choses non expliquées (surtout si une explication existe réellement); ...Et même dans un Age mythique il doit y avoir quelques énigmes, comme il y en a toujours. Tom Bombadil en est une (intentionnellement)." (Letters, p.174) Il y a des références dispersées à d'autres entités qui semblent tomber ailleurs de cette image courante.
Quelle que soit l'idée correcte, la fonction de Tom à l'intérieur de l'histoire était évidement de démontrer une attitude particulière à l'égard du contrôle et du pouvoir. "L'histoire est présentée en termes de côté bon, et de côté mauvais, beauté contre laideur impitoyable, tyrannie contre royauté, liberté modérée contre contrainte qui a depuis longtemps perdu tout objectif si ce n'est le simple pouvoir, et ainsi de suite; mais chacun des deux côtés, d'une certaine manière, conservateur ou destructeur, veut une mesure de contrôle. Mais si vous avez renoncé, comme s'il était pris 'un voeu de pauvreté', au contrôle, et prenez plaisir aux choses en elles-mêmes sans rapport avec vous-mêmes, surveillant, observant, et pour une certaine connaissance importante, alors la question des droits et torts du pouvoir et du contrôle peut devenir complètement dénuée de sens pour vous, et les intentions du pouvoir sans aucune valeur." (Letters, p.178). Tom représentait "la Botanique et la Zoologie (en tant que sciences) et la Poésie en opposition au l'Elevage du bétail, à l'Agriculture et à l'esprit pratique." (Letters, p.179).
12) Qu'est-il advenu des Ents-Femmes ?
Aucune réponse ferme n'a été donnée à cette question dans l'histoire. Cependant, Tolkien commenta la question dans deux lettres, et bien qu'il était attentif à dire "Je pense" et "Je ne sais pas", il n'empêche que le ton de ces remarques était dans l'ensemble pessimiste. De plus, il ne semble pas avoir changé d'avis au fil des années. Ce qui suit a été écrit en 1954 (de fait, avant la publication du SdA):
Ce qui leur est arrivé n'est pas résolu dans ce livre. ...Je pense qu'en fait les Ents-Femmes avait disparu pour de bon, ayant été détruites avec leurs jardins durant la Guerre de la Dernière Alliance (Deuxième Age 3429-3441) quand Sauron menait une politique de terre brûlée et brûla leur contrée contre l'avancée des Alliés le long de l'Anduin. Elles survécurent seulement dans l''agriculture' transmise aux Hommes (et aux Hobbits). Certaines, bien sûr, ont pu fuir vers l'est, ou même faites esclaves: les tyrans même dans ce genre de contes doivent avoir un fond économique et agriculturel pour leurs soldats et leurs ferronniers. Si aucune survécu ainsi, elles auraient en effet été bien éloignées des Ents, et quelque rapprochement serait difficile -- sauf si l'expérience de l'agriculture industrialisée et militarisée les avait rendues un peu plus anarchiques. Je l'espère. Je ne sais pas. Letters, 179 (#144)
Notez que la référence ci-dessus à une "politique de la terre brûlée" par Sauron donne à la destruction de la contrée des Ents-femmes un aspect bien plus sérieux et une affaire délibérée qu'elle n'en avait l'air dans l'histoire principale, où Treebeard dit simplement que "la guerre y est passée" (TT, 79 (III, 4)).
Ce qui suit a été écrit en 1972, la dernière année de la vie de Tolkien:
Quant aux Ents-Femmes: Je ne sais pas. ... Mais je pense que dans TT, 80-81 il est clair qu'il n'y aurait pas de ré-union pour les Ents dans l'"histoire" - mais les Ents et leurs femmes étant des créatures raisonnables, ils trouveront un quelconque "paradis terrestre" jusqu'à la fin du monde: au delà duquel ni la sagesse des Elfes ni celle des Ents ne peut voir. Bien qu'ils partageaient peut-être l'espoir d'Aragorn qu'ils n'étaient "pas liés pour l'éternité aux cercles du monde et au-delà d'eux est bien plus que la mémoire.' .... Letters, 419 (#338)
[La référence à TT, 80-81 est au chant de l'Ent et de l'Ent-femme, tel que déclamé à Merry et Pippin par Treebeard; le discours par Aragorn que Tolkien cite vient de RK, 344 (Appendice A). ]
Alors que les remarques ci-dessus ne sont pas très encourageantes, il demeure néanmoins le mystère irrésolu de la conversation entre Sam Gamgee et Ted Sandyman dans Le Dragon Vert. Elle a lieu au cours du deuxième chapitre de FR et a été désignée par beaucoup comme une preuve possible de la survie des Ents-femmes:
'Si tu veux', dit Sam, riant avec les autres. 'Mais qu'en est-il de ces Hommes-arbres, ces géants, comme qui dirait ? On raconte bien qu'on en a vu un plus grand qu'un arbre là-bas au-delà des Landes du Nord, il n'y a pas très longtemps.'
'Qui ça, on ?'
'Mon cousin Hal pour commencer. Il travaille pour M. Boffin à Overhill, et il va dans le Northfarthing pour la chasse. Il en a vu un.'
'Il le dit peut-être. Ton Hal est tout le temps à dire qu'il a vu des choses, et peut-être en voit-il qui ne sont point là.'
'Mais celui-ci était aussi grand qu'un orme, et il marchait, il faisait plusieurs mètres à chaque enjambée, si c'était un pouce.'
'Eh bien, je parie que ce n'était pas un pouce. Ce qu'il a vu, c'était probablement un orme.'
'Mais celui-là marchait je vous dis; et il n'y a pas d'ormes dans les Landes du Nord.'
'Dans ce cas Hal n'a pas pu en voir.', dit Ted.
FR 53-54 (I, 2)
Maintenant, cette conversation a lieu au début de l'histoire, quand son ton était encore l'ambiance de "conte enfantin" du
Hobbit (voir
LessFAQ, Tolkien, 1). Quand elle est lu pour la première fois la réaction naturelle est de l'accepter comme "more of the same" (c'est-à-dire une autre question diverse de "conte de fées"). Cependant, une fois qu'on a appris sur les Ents, il est impossible de la relire sans penser à eux. Cette impression est renforcée par les propres mots de Treebeard à Merry et Pippin:
Il les fit décrire la Comté et sa région maintes et maintes fois. Il eut à ce sujet une curieuse réflexion:
'Vous ne voyez jamais, hem, des Ents par là-bas, n'est-ce pas ? demanda-t-il. Enfin, pas des Ents, des Ents-femmes, devrais-je dire.'
'Des Ents-femmes ? dit Pippin. 'Vous ressemblent-elles en aucune façon ?'
'Oui, hem, enfin non: je ne sais plus vraiment maintenant', dit Treebeard d'un ton pensif. 'Mais elles aimeraient votre pays, alors je me demandais seulement.'
TT, 75 (III, 4)
Prises ensembles, ces deux conversations donne l'idée que ce qu'Halfast vit comme une Ent-femme semble au moins plausible. Cependant, aussi loin que l'on puisse savoir Tolkien ne relia jamais ce propos explicitement avec les Ents-femmes, de fait il ne l'a jamais mentionné. De sorte que nous sommes laissés à nos spéculations. (Le fait que la créature est décrite comme étant "aussi grande d'un orme" ne prouve rien dans un sens ou dans l'autre quand au fait que ce soit un Ent. Cela pourrait simplement indiquer que l'histoire est simplement une fabrication par un hobbit fantaisiste, mais il est tout aussi possible qu'un Ent haut de 14 pieds paraisse géant à un hobbit non prévenu et que l'histoire soit exagérée lorsque racontée.)
L'analyse du texte n'est pas non plus utile. Tolkien lui-même, lors d'une discussion sur ses méthodes d'invention, mentionna que l'aventure avec Treebeard était complètement imprévue jusqu'à ce qu'il arrive à ce moment là de l'histoire:
Il y a longtemps que j'ai cessé d'inventer ...: J'attends jusqu'à ce qu'il me semble que je sais ce qui c'est réellement passé. Ou jusqu'à ce que ça s'écrive tout seul. Ainsi, bien que je sache depuis des années que Frodo tomberait sur un aventure-arbre quelque part loin près de la Grande Rivière, je n'ai aucun souvenir d'avoir inventé les Ents. J'arrivai enfin à ce point, et j'ai écrit le chapitre 'Treebeard' sans aucun souvenir d'aucune arrière-pensée: exactement comme il est maintenant. Et puis, je remarquai, bien sûr, que ça n'était pas du tout arrivé à Frodo.
Letters, 231 (#180)
Les brouillons dans les HoMes confirment que la conversation de Sam et Ted a été écrite bien longtemps avant que les Ents entrent dans l'histoire (Return of the Shadow, 253-254; Treason, 411-414). Ainsi, Tolkien ne pouvait pas les avoir à l'esprit quand il l'écrivit, et elle doit avoir été à l'origine un élément aléatoire, vaguement fantastique. D'un autre côté, comme il l'a dit de Tom Bombadil, qui entra aussi dans l'histoire très tôt: "Je ne l'aurais pas laissé s'il n'avait un quelconque sorte de rôle.(Letters, 178)
Le sous-entendu est clair: tout ce qui est dans les premiers chapitres qui fut autorisé à rester, fut laissé là pour une raison particulière. Quand il fit cela pour la conversation Sam/Ted il devait savoir à quel point elle serait suggestive. Mais à quel point elle correspond aux spéculations les plus sombres exprimées dans ses lettres n'est pas clair (à moins qu'il changea son esprit plus tard.)
Cela pourrait être un cas où les émotions de Tolkien sont en conflit avec ses pensées. T.A Shippey nota que "il était compatissant sur des questions mineures" (RtMe, 173). (Ainsi, le poney Bill s'échappe, Shadowfax est autorisé à aller dans l'Ouest avec Gandalf, et dans des histoires écrites tardivement dans les CLI, on voit Isildur utiliser l'Anneau de façon bien plus à contrecoeur que le Conseil d'Elrond le suggère (UT, 271-285) et une manière est inventée pour que Galadriel soit absolue de toute culpabilité dans les crimes de Feanor (UT, 231-233)). Il se peut que, amant des arbres comme il l'était, Tolkien souhaitait préserver au moins un espoir que les Ents et les Ents-femmes puissent se retrouver et continuer la race. Mais les conclusions malvenues de ce qu'il appela ailleurs "la logique de l'histoire" doivent avoir été révélées inévitables.
Contributeurs: WDBL, Paul Adams, Mark Gordon