Bonus > Fans :Fansfictions > Retour au passé : Chapitre 7
Doucement et précautionneusement les deux compagnons commencèrent leur escalade périlleuse. Les chevaux étaient restés dans le bois. Durant son ascension Laïma remarqua que les gros rochers sur le bord droit, empêchant la vue du sentier depuis le bas avaient été placés par l�homme. Alors l�espoir grandit en elle progressivement. Le sentier était fin et parfois légèrement obstrué, mais il montait droit sur le flanc de la falaise. Enfin, ils arrivèrent au bord d�un virage, on pouvait déjà apercevoir une sorte d�entrée sombre d�une caverne. Ceïmo juste derrière elle, murmura: « Quelque chose ne va pas par ici. » Laïma ne répondit pas, tout ce qu�elle avait appris chez les elfes, semblait avoir disparu, elle ne pensait plus qu�à sa famille qui était peut-être cachée là derrière�Alors elle s�avança insouciante, oubliant tout danger.
Avant qu�elle aie pu réagir, elle se retrouva entourée d�une forêt d�armes : épées, pointes, et flèches encochées sur des arcs primaires. Les hommes semblaient être sortis de nulle part, de derrière les rochers, de l�intérieur, en vérité Laïma n�en avait aucune idée. Elle se figea. La surprise se peignit sur le visage des hommes. Il regardait une jeune fille d�une grande beauté, habillée de vêtements étranges et de plus masculins. De plus elle portait une épée. Mais elle ne bougeait toujours pas, n�osant parler, ne sachant que faire. Ceïmo n�était plus derrière elle.
« Qui êtes-vous ? » lança une voix autoritaire et plutôt agressive mais non pas dénuée de surprise et d�intérêt.
« Euh, je..Je.. »Les mots ne sortaient pas. Et puis prenant une grande inspiration, elle parvint à dire : « Je me nomme Laïma. Bien que mes vêtements soient différents, je suis une humaine comme vous. Je suis venue dans ces montagnes dans l�espoir de retrouver ma famille. »
« Mais vous ne parlez pas avec facilité. D�où venez-vous donc avec cet accoutrement ? Comment puis-je vous croire ? »
« Je viens de bien loin, un pays des elfes. Je n�ai malheureusement rien à vous montrer pour vous prouvez qui je suis�.J�ai fui mon village en proie à une attaque d�Orcs il y a longtemps de cela, au moins une dizaine d�années. J�avais 3 s�urs et un grand frère. Mon père�mon père était à terre lorsque j�ai vu ma famille la dernière fois. »
« Tu as réussi à t�enfuir ? » demanda avec surprise l�homme, qui comprenait à présent qu�il avait affaire à une toute jeune fille et non pas à une adulte.
« Oui monsieur. Ma mère m�avait envoyée dans les bois. J�ai reçu l�aide de.. »Elle se tut durant un instant. Ceïmo ne s�était pas montré�Peut-être..Peut-être valait-il mieux ne pas parler de lui pour le moment. « J�ai reçu de l�aide. J�ai ensuite vécu chez les elfes. Mais il y a quelques temps, j�ai décidé de partir en voyage, je souhaite avoir des nouvelles de ma famille, j�aimerais savoir s�ils sont vivants. Vous comprenez n�est-ce pas ? » sa voix s�était faite légèrement suppliante. Il semblait à Laïma qu�elle devenait un peu elle-même, cette jeune fille sensible et qui souffrait du manque de sa famille, bien qu�elle ne le montrait habituellement pas.
« Nous sommes en état de guerre. Mais je pense que notre chef sera d�accord de te rencontrer en tant qu�étrangère mais non pas en tant qu�ennemi. Mais tu dois te défaire de ton arme et accepter d�avoir les mains liées jusqu�à lui. »
Laïma hocha la tête, tout en détachant le fourreau de son épée, elle en profita pour jeter un coup d��il au chemin par lequel elle était arrivée.. Elle ne voyait personne. Ceïmo était-il parti ? Un pincement au c�ur la traversa. Puis elle reprit ses esprits et tendit ses mains avec condescendance pour que les hommes les lui attachent. Ils l�entourèrent alors tous et ils pénétrèrent dans la caverne. En entrant, Laïma ne vit d�abord rien, mais très vite sa vue s�habitua et elle s�aperçut alors que l�endroit était bien plus préparé qu�elle ne le pensait. Des creux sur les côtés du couloir étroit qu�ils suivaient permettaient que des archers s�y cachent au cas où des Orcs parviendraient à entrer. Après un virage dans un couloir encore plus exigu, ils arrivèrent dans une grande salle plus ou moins excavée éclairée par des torches. On apercevait de nombreuses femmes, des enfants et des vieillards qui se tenaient proches des parois et regardaient avec curiosité la nouvelle venue. Au fond de la salle, se tenait une sorte de trône, une chaise surélevée tout au plus, où se tenait celui qui devait être le chef. Il était encore trop loin pour que Laïma puisse le dévisager et pourtant il lui semblait qu�elle connaissait cette stature. Elle s�avança, le visage baissé sous le capuchon de son manteau. Elle sentit que les autres soldats se retiraient, elle se trouvait seule dans un rayon de plus de dix mètres avec le chef de tous ces hommes en face d�elle, à portée d�arme.
Elle redressa la tête d�un coup et lança avec force : « Vous n�êtes guère prudent pour des hommes en guerre. J�aurai pu tuer votre chef avant que personne ne réagisse. »
La stupéfaction se lut sur les visages et aussi de la peur. Certains portèrent leurs mains aux armes. Retirant son capuchon, Laïma rajouta : « Ne vous inquiétez pas, je ne souhaite en aucun cas tuer votre chef, ce n�était qu�une feinte pour vous montrer le peu de protection que vous avez. Je cache une dague sous ma veste, et personne n�a vérifié. »
« Nous...nous ne pouvions pas, répondit l�homme qui l�avait interrogé auparavant. Je�Tu es une femme ! »
- En guerre, on se passe de ses manières. Je sais me battre. Vous avez peut-être pensé qu�une femme avec une arme n�était que pour effrayer, vous vous êtes trompés. »
- De toute façon , personne ne peut battre notre chef, lança avec colère une voix de jeune fille.
- Laisse cela, ma s�ur, je m�en occupe ». C�était la voix grave du chef, qui jusque là était resté assis sans rien dire. Il se leva et se mit sous la lumière. Ses yeux gris étincelaient sous son front brun. Ses traits�.rappelaient quelqu�un à Laïma, mais elle n�aurait su dire qui. Il tira une longue épée brillante et fit signe à ses soldats de rendre la sienne à Laïma.
Elle sourit. Le jeune homme, car en vérité, il ne semblait guère plus vieux qu�elle, la provoquait en duel. Bien. Elle retira son manteau et le lança un peu plus loin. Du coin de l��il, elle vit l�indignation sur les visages des femmes. Elle était vêtue en homme de la tête au pieds !! Elle prit de la main droite, l�épée. Elle était de haute fabrication elfe, Ceïmo le lui avait dit, lorsqu�il lui avait offert quelques années auparavant.
Elle se recula de quelques centimètres, prête au combat. Son sang coulait avec force dans ses veines et la furie du combat de la nuit lui revenait. Le chef retira aussi sa cape en fourrure. Il ne portait qu�une légère chemise. Facile à transpercer, pensa Laïma� Un instant, elle tenta de se souvenir pourquoi elle n�aurait pas du penser à cela, pourquoi elle était là, mais sa pensée s�enfuit et elle bondit en avant.
L�homme était agile et fort, mais Laïma était plus rapide encore et tout ce que les elfes lui avaient appris sur le combat lui revint. Comme deux félins enragés, il tournaient, virevoltaient et sautaient, et les spectateurs ne comprenaient pas ce combat qui n�aurait pas du être, ne faisaient que suivre les combattants dans leurs mouvements.
Soudain, un coup d�épée plus fort que les autres déstabilisa Laïma et elle tomba au sol, ayant juste le temps de contrecarré le prochain coup de son épée tremblante. Leurs visages étaient tous proches et Laïma savait qu�elle ne pouvait tenir longtemps. Elle tendit le bruit d�une corde que l�on tend, alors elle lança : « Non ! Ceïmo, non ! Laisse-moi ici. » Les hommes se regardaient sans comprendre. Personne n�avait aperçu l�elfe qui était pénétré en silence et s�était cachée derrière un renforcement, et qui voyant Laïma en fâcheuse position, s�était préparé à tuer le jeune homme.
Laïma redressa son regard et croisa celui-ci du jeune homme. Ce regard�Elle le connaissait. Alors, quelque chose lui revint, quelque souvenir lointain, enfoui dans sa vie passée.
Un jeune garçon, lui tendait un morceau de pain dur. « Tiens Laïma, c�est ma part. Je suis plus fort, tu le sais bien. J�en prendrais demain.
- Non, non, protestait l�enfant en refusant le pain. C�est pas grave. Mange-le, c�est ton morceau, Bâral.
Une femme apparût sortant de la cabane proche : « Les enfants ! Rentrez vite, c�est bientôt le coucher de soleil, nous devons éteindre les lumières vous le savez.» Un cri lointain. Un homme qui accourait. « Des Orcs !! Des Orcs arrivent !! Vite Celia, prends les enfants et va rejoindre les autres là-haut vous serez plus en sécurité.
- Non, répondit la femme en serrant la main d�une petite fille dans la sienne, je reste. Bâral, emmène tes s�urs là-haut avec les autres.
D�un grand geste de la tête Bâral montra qu�il refusait. Des cris se faisaient entendre au loin. Des bruits de pas. Un flamme jaillit, une maison lointaine prenait feu.
« Vite dépêchez-vous, murmura l�homme. Mais les deux gamines s�accrochaient à leur mère et le garçon se campait près de son père, décidé à se battre.
« Laïma, je t�en supplie, vas-t-en, cours dans les bois, s�écria sa mère, vite ! » Ils apercevaient les Orcs qui arrivaient . Des femmes et des enfants fuyaient en hurlant.
La fille hésitait. Un trait traversa l�air. Son père tomba au sol. Alors, elle oublia un instant tout sauf l�ordre et se mit à courir de toutes ses forces vers le bois au pied du village, un instant elle se retourna et croisa le regard de son frère. Un regard désespéré. Un regard qui n�était pas celui d�un enfant.
Ce regard�
« Bâral ? » murmura Laïma dans un soupir.
La stupéfaction se peignit sur les traits du jeune homme, il diminua sa pression sur son arme.
« Bâral ? répéta avec lenteur Laïma. C�est toi ? »
Il se redressait toujours sans rien dire. Son regard porté sur la jeune fille au sol. Celle-ci laissa glisser son épée à terre et se leva à son tour. Ils se tenaient tous deux face à face comme se découvrant à nouveau. Un grand silence envahissait la caverne, les habitants de la caverne n�avaient pas entendu les paroles prononcées par Laïma et ne comprenaient ce qui se passait, mais n�osaient pas intervenir.
« Je t�ai toujours dit que tu étais moins forte que moi » lança Bâral avec un sourire espiègle et les yeux pétillants.
Laïma éclata de rire et se précipita avec bonheur dans les bras de son grand frère.